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03.12.2005

Névrose

Cela a commencé en juillet. Non en juin. Par l'apparition d'une petite boule à l'estomac, qui a migré lentement, lentement, vers le haut de sa gorge. Il pensait encore naïvement en septembre qu'il allait pouvoir l'expulser, un peu comme font les chats avec une boule de poils. Mais elle est restée là, pendant qu'une autre a pris le relais, suivant le même trajet. Puis une autre. Elles s'accumulaient dans son tube digestif, les unes à la suite des autres sans que le phénomène ne semble vouloir un jour s'arrêter. Une boule apparaissant à chaque angoisse, puis grossissant petit à petit à chaque contrariété jusqu'à maturité, et ainsi de suite.

Tout semblait voué à alimenter sa machine à produire les boules : ses voisins qui ne répondent pas à ses "bonjour", la stupide impatience des automobilistes quand il est en voiture, le sol jonché d'excréments de son quartier, le lynchage médiatique d'auteurs qu'il apprécie, les résultats de concours dans le Moniteur, l'effraction de sa voiture pour voler une paire de lunettes léguée par son père, la laideur de ce qui se construit sur le territoire, l'agressivité des mamies dans l'autobus, la compassion feinte des égoïstes, l'arrogance de ses relations de travail…

En somme, les autres.

Il a commencé à limiter ses trajets. A ne plus prendre le métro, puis le bus, puis la voiture, pour ainsi dire ne plus sortir de chez lui.

Il a commencé à laisser son répondeur branché en permanence. Aux messages laissés sur son répondeur il répondait par courrier électronique. Aux courriers électroniques il répondait par sms. Aux sms il ne répondait plus.

Il a commencé à délaisser l'actualité, à ne plus écouter la radio, ni lire les journaux en ligne.

 

Il commençait à aller mieux croyait-il. Pourtant, écrire à la troisième personne aurait bien dû le convaincre du contraire.

Commentaires

les cris libèrent l'écrit du coeur si .
à la longue, les laideurs ne sont plus sup-portées/potables alors, pourquoi pas le retrait parfois,mais il y a l'après/l'apprêt (?)
je jette ces mots sans avoir lu le reste de votre blog alors...

Ecrit par : colette | 03.12.2005

Ce n'est pas grave d'écrire à la troisième personne, cela veut seulement dire que "quelque chose" parle en nous. L'essentiel est d'écrire. Savez vous cher Saint-Rich que je commence à avoir très faim. J'envisage le cannibalisme...

Ecrit par : ariaga | 11.02.2007

Moi pareil... Quelle star celui-ci !

Ecrit par : profdisaster | 11.02.2007

Comment allons nous le cuisiner?Pourquoi pas sur un athanor brulant dans un chaudron de sorcière. Le cher Désastre pourrait apporter quelques aromates et faire danser autour du chaudron quelques unes de ses disastresses girls ?

Ecrit par : ariaga | 12.02.2007

Mais pourquoi diable vouloir me cuisiner, je n'ai rien à avouer !
Ah! Les stars meurent jeunes, et, Saint-Rich, bien que virtuel, n'est pas pour autant éternel et pense à quitter progressivement ce monde numérique…

Ecrit par : saint-rich | 12.02.2007

Ariaga/Très bon Ariaga !
Il y a dans votre évocation quelque chose comme l'image d'un Claude François des Ténébres (avec ses désastresses) et d'un Jean-Pierre Coffe satanique... mais je m'emporte...

Saint-rich/Quoi ! tu nous quitterais !
houin !!!

Ecrit par : profdisaster | 13.02.2007

Il n'est même pas question qu'il nous quitte il dit cela pour nous faire de la peine le méchant garçon.

Ecrit par : ariaga | 14.02.2007

Loin de moi l'envie de vous faire de la peine chère Ariaga. Mon alter ego nécessite toute mon énergie pour quelques mois, et comme c'est lui qui me nourrit... Mais, pour me faire pardonner, j'ai écrit la suite hier soir.
Prof, comment faire pour avoir des saint-richesses ?

Ecrit par : saint-rich | 15.02.2007

Alors là !!!?

Ecrit par : profdisaster | 15.02.2007

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