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14.05.2006
Pauvre Eure
"Je n’aime pas la banlieue, j'exècre ses quartiers, je hais ses cités!". Voilà, c'est sorti comme ça. Il m'a quand même poussé à bout, avec son baratin habituel. Moi, la poésie du périphérique, le parking au pied de son immeuble, les courses au "plus grand Carrefour d'Europe", on a beau me l'enrober avec les liens d'amour entre toutes les communautés et la beauté des échanges culturels autour des cours de cuisine du monde façon téléfilm de FranceTélévision, ça ne m'émeut pas beaucoup. C'est comme ça. Avec le recul, je vois bien que mes mots ont dépassé ma pensée, je sais, mais c'est ce qui fait aussi la force des coups de gueule. Parce que célébrer ce "paysage urbain", c'est déjà renoncer, ou mentir.
Et hier je voyais à la télévision qu'un autre dynamitage va avoir lieu. Une barre je ne sais trop où. Je me demande bien si c'est une bonne idée, par contre, le dynamitage. Parce qu'après suit le mitage tout court. Ben oui msieur, faut les reloger parait-il ces habitants. Où? Il n'y pas de miracle. Cela s'appelle la maison à 100000€. Cela s'appelle le lotissement du bois fleuri. Cela s'appelle la résidence du clos des prés. Cela s'appelle la loi SRU. Finalement, je me demande si je ne les préférais pas debout, ces barres. Isolées, cantonnées. Circonscrites. On avait tous notre petite idée sur ce qu'il y avait à en faire. Je pense moi qu'on devrait leur donner aux habitants, leurs appartements. Il y aurait du changement, j'en suis sûr. Evidemment, elles sont comme autant d'étrons au milieu du trottoir qui passe devant mon immeuble. L'avantage, c'est qu'on ne peut pas passer à côté sans les voir, sans s'en indigner, s'en énerver. C'est moche! c'est sale! Jusqu'à qu'il y en est un qui mette son mocassin dedans. Alors il traîne le pied, sur un ou deux mètres, il faut souiller tout le trottoir tant qu'à faire. Alors évidemment on ne les voit plus ces étrons, on n'y fait plus attention, c'est d'autant plus sournois. Parce que maintenant, dans tous les départements, ça s'étale, ça se répand, ça grignote le paysage, hors de cette île qu'on appelle de France. Il y avait une belle campagne dans le 27. Ca me retourne vraiment le cœur de voir ça.
23:11 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Moi j'en ai plus que marre de l'Ile-de-France, j'attends la première occas' pour me barrer.
Ecrit par : profdisaster | 16.05.2006
Pour moi, malheureusement, la survie professionnelle est pour l'instant à Paris, dans ce drôle de cercle vicieux de devoir travailler pour pouvoir se loger pour pouvoir travailler pour se loger…mais je rêve d'une vie plus sereine pour développer ce que j'ai en tête, sans contrainte…
Ecrit par : saint-rich | 16.05.2006
