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09.06.2006
Faiblesse totalitaire
"Si celui qui a inscrit cette insulte au tableau ne se dénonce pas tout de suite, je vous préviens, vous serez tous punis!"
Elle était un précurseur, quand j'y repense, cette jeune professeur des écoles. Faut dire qu'avec monsieur D., ça ne se serait pas passé comme ça. Avec lui, le coupable se serait dénoncé, aurait fièrement pris sa gifle, nous aurions tous admiré son courage, respecté notre "maître" en retour, et l'affaire en serait resté là.
Mais avec elle, c'était une autre histoire. Nous savions tous pertinemment ce qui allait se passer. Elle allait convoquer les parents du fautif, demander une réunion du conseil de discipline et n'aurait pas lâché avant une sanction sociale digne de ce nom : trois jours d'exclusion de l'école et une observation dans le carnet scolaire.
Alors nous acceptions les restrictions de nos petites libertés enfantines que sont les récréations, ce nouvel état d'esprit du "tous coupables" et les chantages permanents à la délation de nos camarades mal-pensants. Avec résignation au début, puis avec une exaspération exponentielle. Bien entendu, l'irresponsabilité individuelle générée par ces punitions collectives n'a fait qu'encourager la moitié de la classe à compléter la liste des noms d'oiseaux du tableau.
Elle était un précurseur, je disais.
22:10 Publié dans Jalons et Portaits | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
J'en ai connu des comme ça. Le plus drôle c'est que j'ai également vécu ça dans le monde du travail ; en revanche les motivations des supérieurs hiérarchiques n'étaient plus les mêmes : il s'agissait pour eux de prendre prétexte des abus et des fautes des uns et des autres pour retirer certains avantages à l'ensemble du personnel.
Ecrit par : profdisaster | 09.06.2006

