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12.06.2006
Paternité
Je la pensais à nous.
C'est vrai, nous la connaissons jusque dans ses moindres recoins. Normal, nous l'avons pensée en détail. Elle a mûrit lentement. Au fil de nos conversations tout d'abord – "moi, je me verrai bien admirer le lac tout en étant allongé sur la banquette du patio", sur papier ensuite - "où est le rouleau de calque?", et enfin sur écran - "tu peux me faire un export .3ds s'il te plait?" avant de prendre réellement forme - "tu as reçu les dernières photos du chantier?".
Je la pensais à nous mais je me trompais.
J'aurais dû remarquer que nous la perdions petit à petit, cette maison, à mesure qu'elle s'érigeait, là-bas. Elle est issue de notre imagination et cela déplaît sans doute aux propriétaires. Ils l'aiment de plus en plus et maintenant, à l'écouter, la propriétaire, elle a tout fait, tout pensé, tout créé. Nous nous sentons de plus en plus dépossédés.
Et elle va être publiée dans quelques mois. C'est une bonne nouvelle. Sauf que je la reconnaîtrai encore moins notre leur maison, sous le regard d'un photographe de magazine. C'est difficile d'abandonner ce que l'on aime.
Je la pensais à nous, mais elle appartient à ceux qui la payent.18:22 Publié dans Continuité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Un peu comme un père porteur. ; )
C'est marrant, je n'avais jamais pensé que les architectes pouvaient éprouver ce genre de trucs. Bien exprimé en tout cas.
Ecrit par : profdisaster | 12.06.2006
Ceux qui ont un projet perso par an, si. Quand ça marchera mieux, je m'en foutrai peut-être :)
Ecrit par : saint-rich | 12.06.2006
