17.03.2007
Intransigeance…
… et conséquences

12:22 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note
13.09.2006
Inversion des valeurs
"Mais c'est pas vrai, qu'est-ce que tu es négatif !"
Elle se trompait mais avait raison. Ou avait raison mais se trompait. Tout dépend de ce qu'elle voulait dire. Mais peu importe. Disons qu'elle avait à moitié raison à défaut d'avoir totalement tort. Et inversement.
Je n'étais pas négatif mais négatif.
Cela avait commencé en première année d'école d'architecture. Par le passage à la photocopieuse laser de plans que je trouvais peu agréables à regarder. Mode négatif, start, qzzz qzzz. Et voilà les plans tracés en blanc sur fond noir... Zoli... Du papier aux idées il n'y avait qu'un pas que je franchissais avec toute la fougue du jeune ignorant. Je me suis mis à inverser tout ce qui relevait du bon sens avec un succès déconcertant. Photocopieuse laser, mode négatif, start, qzzz qzzz. Ce qui est habituellement opaque devient vitré et inversement... qzzz qzzz je ne dessine plus des objets dans le vide mais des vides dans l'objet... qzzz qzzz une coupe de gratte-ciel devient un plan de jardin… qzzz qzzz une façade, un plan masse… le haut devient bas... qzzz qzzz le lourd, léger... J'avais découvert que l'inversé était plus neuf, plus séduisant, plus beau, plus tout…
J'avais juste oublié que négatif veut aussi dire moins que zéro.
13:49 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09.08.2006
Saint-Rich continue à se vendre
Les fruits de ceci.
Parce que la notoriété passe aussi par les magazines féminins.
X. Saint-Rich nous accueille chez lui, dans une ancienne usine de textile qu'il a investi pour aménager son loft. Il est vêtu d'un ensemble noir de chez Kenzo.
"- Monsieur Saint-Rich, parlez-nous un peu de vous, votre enfance.
- Tout d'abord bonjour (rires).
Que dire ? J'ai dessiné mon premier projet à l'âge de 8 ans. Quand les autres enfants jouaient à la Nintendo, moi je m'enfermais dans ma chambre pour inventer, déjà, des architectures nouvelles.
- Quelles sont vos sources d'inspiration?
- Elles sont inévitablement multiples. Vous savez, à 12 ans, je me souviens avoir boudé et refusé de m'alimenter une journée entière pour que mes parents abandonnent le projet idiot de louer une villa sur la côte pour l'été. Je voulais faire un tour de France des cathédrales (rires). C'est aussi à cet âge que j'ai découvert les travaux de l'Arte Povera et le Minimalisme.
Maintenant que j'ai assimilé toute l'histoire de l'Art, et que je n'ai plus le temps de visiter les pays dans lesquels je dois me rendre pour raison professionnelle (ndlr: XSR est attendu à Milan lundi, à Berlin mercredi et à Pékin samedi), je trouve mon inspiration dans la rue. Vous savez Inès, je peux vous appeler Inès? J'aime les gens. Je peux me promener des heures durant dans le XIXème arrondissement, en quête d'inspiration. J'aime me retrouver, entre deux voyages, dans cette France multiculturelle d'aujourd'hui. Ces quartiers populaires sont en quelque sorte des oeuvres d'art; c'est tout bonnement fantastique!
- Vous dites aimer les gens. Est-ce là la raison de votre investissement...
- Stop! Je sais ce que vous allez dire. Mais je n'aime pas parler de mon association qui mobilise quelques-uns des plus grands noms de mes amis, association qui œuvre à sensibiliser la population au douloureux problème de logement des "sans-abri".
- On peut la nommer peut-être?
- J'avais dit que je n'en parlerais pas. Je vous donne simplement notre slogan "les sans logis doivent être mieux logés que les mieux logés." C'est un devoir moral, un point c'est tout.
- Pouvez-vous vous définir en un mot.
- Deux, si vous me le permettez : audacieux et engagé.
- Vous avez créé la surprise en annonçant l'année dernière, lors de la Biennale, votre retrait de la réalité construite.
- En effet, j'ai définitivement tourné la page de la matérialité. L'architecture ne se construit plus. Elle passe aujourd'hui par les réseaux. Je ne la conçois même plus, je donne des instructions de calcul à mon "Mac"… mais c'est trop long à expliquer ici. Je vous invite à aller voir l'exposition "dé-matérialité" qui a investi le palais du Sénat.
- Monsieur Saint-Rich …
- Oh! Appelez-moi X (rires).
- Et bien X, merci de nous avoir reçus chez vous.
- Merci à vous."
Prochainement, un entretien un peu plus sérieux à un célèbre magazine d'Art. Révisez vos philosophes post-moderne!
21:26 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02.08.2006
Babel
Par la fenêtre ouverte de mon appartement, j'entends tout ce que disent les passants.
Ils aiment parler fort à leur téléphone. J'entends:
- des bribes de conversation comprenant des mots absents du dictionnaire.
- des bribes de conversation comprenant des mots dont le sens n'a plus rien à voir avec celui du dictionnaire.
- des bribes de conversation dans des langues que je ne connais pas.
Par la fenêtre ouverte de mon appartement, je ne comprends rien à ce que disent les passants.
...
Bon Dieu! La Genèse! (…)confondons leur langage, afin qu'ils n'entendent plus la langue les uns les autres.
Il me semblait pourtant que le maire avait abandonné le projet de construire des tours à Paris!
16:00 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10.07.2006
432 jours par an, émois et mois et moi.
Je sors mon chéquier pour payer mon loyer pour la septième fois depuis le début de l'année. Un loyer à payer douze fois par an. Ha, si les mois étaient de 36 jours, j'en ferais des économies, c'est sûr. Dix mois de loyer pan an, ce serait déjà bien plus supportable. Sans compter les divers abonnements mensuels, de téléphones, d'électricité, d'assurances, etc. Dix mois par an. C'est une bonne idée.
Le plus dur serait sans doute de se mettre d'accord sur les deux noms de mois à supprimer. Je pense qu'après un tas de commissions, d'enquêtes, de consultations, etc, on déciderait finalement de conserver les 12 mois pour faire une année. Une année de 432 jours. Il y aurait bien d'autres avantages à des années de 432 jours. Qui n'a rêver par exemple de passer Noël au soleil? Si mes calculs sont exacts, le 25 décembre tomberait en été trois années après la réforme. Et cela pour tous, y compris "les plus démunis d'entre nous"! Et puis aussi, fini les monstrueux embouteillages des vacances des mois de juillet et août.
"- C'est pas très logique ce que tu racontes là.
- Drôle de critique de la part de quelqu'un qui trouve normal d'être payé 13 mois par an!"09:45 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
10.06.2006
Rigolez, rigolez...
"hahaha, regardez-le, il saigne!".
Evènement incongru…
Le contexte :
- un samedi, mois de juin, plein après-midi.
- au Parc Monceau, VIIIème arrondissement, Paris.
- temps très ensoleillé, 28°C à l'ombre.
Rien de très propice à une rixe.
Les protagonistes:
J'en ai vu quelques unes des bagarres. J'ai vu un tas d'expressions passer sur les visages de ceux qui y participaient: la haine, l'excitation, le dégoût, la peur, etc. Mais la joie, c'est la première fois. Et là, ils passaient une sacrée bonne journée ces salopards du 9.3. Ils rigolaient devant le visage ensanglanté de leur victime. Tu me diras, à 10 contre 2, vas-y c'était trop marrant!
Les deux autres, n'avaient pas grand chose en commun, ne se connaissaient même pas, me semble-t-il. Le premier, 25-30 ans, portait un grand tatouage sur le haut de son bras droit, un look de musicien décontracté. Le second, le blessé, la trentaine, conducteur de scooter du XVIème, plutôt de "bonne famille" dirait la grand-mère d'Ariane.
Pas grand chose en commun, disais-je, si ce n'est l'agresseur.
Un ennemi à l'origine de premières alliances étonnantes, quoique pour l'instant inefficaces. Question d'effectif. Mais ne dit-on pas que la vengeance est un plat qui se mange froid.
23:14 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
14.05.2006
Pauvre Eure
"Je n’aime pas la banlieue, j'exècre ses quartiers, je hais ses cités!". Voilà, c'est sorti comme ça. Il m'a quand même poussé à bout, avec son baratin habituel. Moi, la poésie du périphérique, le parking au pied de son immeuble, les courses au "plus grand Carrefour d'Europe", on a beau me l'enrober avec les liens d'amour entre toutes les communautés et la beauté des échanges culturels autour des cours de cuisine du monde façon téléfilm de FranceTélévision, ça ne m'émeut pas beaucoup. C'est comme ça. Avec le recul, je vois bien que mes mots ont dépassé ma pensée, je sais, mais c'est ce qui fait aussi la force des coups de gueule. Parce que célébrer ce "paysage urbain", c'est déjà renoncer, ou mentir.
Et hier je voyais à la télévision qu'un autre dynamitage va avoir lieu. Une barre je ne sais trop où. Je me demande bien si c'est une bonne idée, par contre, le dynamitage. Parce qu'après suit le mitage tout court. Ben oui msieur, faut les reloger parait-il ces habitants. Où? Il n'y pas de miracle. Cela s'appelle la maison à 100000€. Cela s'appelle le lotissement du bois fleuri. Cela s'appelle la résidence du clos des prés. Cela s'appelle la loi SRU. Finalement, je me demande si je ne les préférais pas debout, ces barres. Isolées, cantonnées. Circonscrites. On avait tous notre petite idée sur ce qu'il y avait à en faire. Je pense moi qu'on devrait leur donner aux habitants, leurs appartements. Il y aurait du changement, j'en suis sûr. Evidemment, elles sont comme autant d'étrons au milieu du trottoir qui passe devant mon immeuble. L'avantage, c'est qu'on ne peut pas passer à côté sans les voir, sans s'en indigner, s'en énerver. C'est moche! c'est sale! Jusqu'à qu'il y en est un qui mette son mocassin dedans. Alors il traîne le pied, sur un ou deux mètres, il faut souiller tout le trottoir tant qu'à faire. Alors évidemment on ne les voit plus ces étrons, on n'y fait plus attention, c'est d'autant plus sournois. Parce que maintenant, dans tous les départements, ça s'étale, ça se répand, ça grignote le paysage, hors de cette île qu'on appelle de France. Il y avait une belle campagne dans le 27. Ca me retourne vraiment le cœur de voir ça.
23:11 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.04.2006
Point de non retour

Cela m'a fait repenser au film "Total Recall". Schwartzenegger est expulsé de la base pressurisée dans le milieu hostile martien, son visage se déforme alors horriblement, il est méconnaissable, jusqu'à ce que l'atmosphère de la planète se stabilise,... et son visage reprend sa forme initiale.
Dans les films, et pour un certain nombre d'optimistes, il n'existe pas de point de non retour. Quoi qu'il arrive, il n'est jamais trop tard. On corrige une situation le moment venu, et l'on n'en parle plus, et la vie reprend comme avant, et tu vois fallait pas s'en faire.
Mais on ne m'ôtera pas de la tête que Schwartzi aurait forcément dû, tout comme cette femme d'hier, garder les séquelles et les cicatrices des souffrances passées. Point de pessimisme là-dedans.
D'ailleurs, je me demande bien quels stigmates notre génération portera après le grand remède.
20:07 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
22.03.2006
Le Labyrinthe des Etiquettes
Je relatais il y a quelques mois la vaste farce que fut mon enseignement "supérieur". Je suis sorti de l'école à plat alors que d'autres en sortaient gonflés comme des baudruches. J'avais donc pour ainsi dire besoin d'air. J'ai alors commencé à errer, perdu dans le Labyrinthe des "possibilités d'écriture" qui s'offraient à moi, avec une seule question en tête : que faut-il faire quand on peut tout faire?
Le Labyrinthe comportait une multitude de couloirs, que je suivais, au hasard, prenant à droite, à gauche, rebroussant quelquefois chemin. Des portes en verre rythmaient les murs blancs des couloirs. Au-dessus de chaque porte, une Etiquette.
Je regardais parfois doucement à l'intérieur, me tenant d'une main à l'embrasure de la porte. Je reconnaissais de temps en temps quelques amis, assis dans la pièce, la même Etiquette sur le front que celle de la porte. Un jour, l'un deux m'interpella : "Mais enfin X, il va bien falloir te choisir un jour une Etiquette si tu veux réussir. Tant que tu resteras dans le couloir, personne ne viendra te chercher. Et rassure-toi, tu peux changer de pièces autant de fois que tu veux, au gré des tendances, si tu penses avoir plus de chance dans une que dans l'autre. Alors n'hésite plus."
Evidemment, certaines pièces étaient tellement encombrées qu'il aurait fallu jouer des coudes pour y pénétrer. D'autres étaient vides. Certaines pièces vides pouvaient d'ailleurs avoir été les pleines de l'année précédente. D'autres encore étaient pleines de cadavres, illustres ou non.
J'ai rencontré des stratèges qui attendaient dans une pièce vide que le vent tourne, afin d'être seul le moment venu, s'il venait un jour. D'autres petits malins espéraient bénéficier de la notoriété des cadavres d'une pièce sur lesquels ils se tenaient debout. J'ai même entendu dire que certains avaient volé des corps dans une pièce voisine pour valoriser la leur.
Ce monde avait bien entendu ses leaders, qui, en changeant de pièces, entraînaient leur cour avec eux. Il avait également ses prisonniers, injustement poussés et enfermés à clef par des rivaux dans des pièces infréquentables.
Un jour, sur le sol d'un couloir, j'ai découvert un mince fil d'acier tressé. Composé de l'entrelacement régulier de câbles les uns autour des autres, il était d'une beauté fascinante. Je l'ai pris en main et j'ai entrepris de suivre le chemin qu'il semblait m'indiquer. A mon grand étonnement, il me conduisit à la sortie du Labyrinthe.
Soulagé, j'ai passé la grande porte et j'ai commencé à m'éloigner des murs immenses de l'enceinte, marchant droit devant moi, vers l'horizon. Autour de moi il n'y avait rien. Le désert.
Je me suis lentement retourné. Je pouvais encore distinguer au loin l'enceinte blanche du Labyrinthe. Et j'ai compris. J'ai fait demi-tour. Il fallait que j'y retourne, mais cette fois, en ignorant les pièces : ce sont des pièges. Je vais tenter d'en découvrir le Centre. Et je n'ai plus peur de me perdre. Maintenant, j'ai le fil.
Merci à Ariane, qui se reconnaîtra en me lisant.
17:47 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19.03.2006
Sans dessus-dessous

La conquête spatiale, en posant comme postulat la fin de la gravité, appellera à reconsidérer nombre de règles architecturales qui me sont chères, à les dépasser pour inventer autre chose, ce qui est fort stimulant. Mais tant que nous serons ici, sur Terre, cloués au sol, je ne pourrai pas m'empêcher de trouver complètement idiots les espaces souples, les sols qui deviennent mur puis plafond, ces architectes qui vous invitent à suivre ce mouvement alors qu'ils savent pertinemment que vous ne pouvez physiquement pas. Allumeurs, va!

12:58 Publié dans Contexte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

